1955

Irène jacob

betty bouthoul

manchester

Francis Tailleux (Paris, 1913 – Dieppe, 1981)

Artiste aujourd’hui plutôt méconnu, Francis Tailleux expose une unique fois à la galerie Furstenberg, en 1955, sous l’égide de Simone Collinet. Dans la seconde moitié des années trente, il fait partie du groupe Forces Nouvelles, mouvement fondé en 1935 par le peintre et critique d’art Henri Héraut. Ce groupe se positionne en réaction contre les courants dominants que sont l’impressionnisme, le cubisme et l’abstraction, en défendant une peinture figurative renouvelée.

Les photographies du vernissage témoignent d’une sélection d’œuvres – tableaux et dessins – qui traduisent la prédilection de Tailleux pour les intérieurs, les paysages et les scènes de la vie quotidienne, dans une facture classique mais sensible. Cette exposition unique témoigne de la volonté de Simone Collinet d’intégrer dans son programme une diversité d’approches artistiques, reflétant la richesse du paysage artistique français des années cinquante. JD

michel cadoret (Epineguen, 1912 – Cerny, 1985)

Avigdor Arikha (Rădăuți, 1929 – Paris, 2010)

Avigdor Arikha n’a que vingt-six ans lorsqu’il expose pour la première fois à la galerie Furstenberg, en octobre 1955. Artiste franco-israélien né en Roumanie, il s’est établi en France l’année précédente, en 1954. Son parcours est marqué par l’Histoire : interné en 1941 dans un camp de concentration en Ukraine, il est libéré en 1944. Il poursuit alors sa formation artistique à l’École des beaux-arts Bezalel à Jérusalem, avant d’obtenir en 1949 une bourse pour étudier aux Beaux-Arts de Paris.

Sans doute est-ce la réputation de Simone Collinet, reconnue pour son attention portée à la jeune peinture, qui attire le jeune artiste vers la galerie. Dans les années cinquante, Arikha développe une peinture abstraite, souvent accompagnée de titres empruntés au langage littéraire. Sa deuxième exposition à la galerie, au printemps 1957, rencontre un écho au-delà des frontières françaises.

Le critique Alain Bosquet, dans les colonnes de Combat (15 avril 1957), situe Arikha « dans la descendance des expressionnistes », tout en lui reconnaissant « plus de rigueur intellectuelle, et un poste d’observation plus sûr, par rapport au spectacle qu’il décrit : le vertige d’une humanité vue d’un carrousel tournant à toute vitesse ». JD

rolf wagner

Dan Harris, dit Zev (New York, 1914 – Rome, 1986)

L’artiste américain Zev, qui pratique la peinture, le dessin et la sculpture, s’installe à Paris en 1953. Ayant participé en 1944 à la grande exposition Art abstrait et surréaliste aux USA au musée de San Francisco, il choisit néanmoins de conserver son indépendance à l’égard des étiquettes telles que « surréaliste », « naïf », « primitif » ou « féérique », que l’on emploie fréquemment, selon lui, pour qualifier l’inventivité et l’humour qui caractérisent son œuvre.

Simone Collinet présente ses tableaux et sculptures lors de deux expositions successives, en novembre-décembre 1955 puis en avril 1957. Si le succès de ces manifestations semble avoir été mitigé, la galeriste témoigne néanmoins, dans une lettre adressée à l’épouse de l’artiste deux ans plus tard, de son regain d’énergie et d’enthousiasme pour défendre ses jeunes peintres, parmi lesquels elle fait volontiers figurer Zev.

Une troisième exposition lui est consacrée à la fin de l’année 1960. La même année, en février, Bernard Dorival, conservateur au Musée national d’Art moderne de Paris, lui adresse ses remerciements pour la généreuse donation d’une œuvre de Zev. JD