1962

agustin Fernandez

Exposition Le surréalisme en 1962

Organisée avec l’aide de Patrick Waldberg en juin 1962 à l’occasion de la publication de son ouvrage Le Surréalisme par Skira, cette exposition est sans doute la plus importante de la Galerie Furstenberg. La quantité d’archives conservées par Simone Kahn, qui comptent la liste des œuvres, les assurances, la liste des prêteurs et des artistes, ainsi que les nombreuses coupures de presse, le confirme. Soixante-trois œuvres de la période historique du mouvement y sont exposées, la plupart provenant de prestigieuses collections particulières : Janine et Raymond Queneau (Tanguy, Miró), Mme Pouderoux (Toyen, Dalí), Man Ray, Docteur Jéramec (Masson), Mme Yvonne Zervos (Brauner), Mme Carmen Baron (de Chirico, Balthus), Claude Duthuit (Hérold), Suzanne Crotti (Duchamp), Lebel (Duchamp), Claude Hersaint (Dalí).

Un riche reportage photographique de l’accrochage permet de reconstituer le parcours de cette exposition remarquable, tant pour la quantité que pour la qualité des œuvres exposées. Les rapports entre Patrick Waldberg et André Breton étant déjà tendus à cette période, le fondateur du surréalisme refusa de se rendre à la soirée d’inauguration et de visiter l’exposition, dénonçant le caractère historicisant de celle-ci à l’égard du surréalisme.

Malgré l’opposition de Breton, l’exposition connaît une importante résonance dans la presse, comme les coupures soigneusement conservées par Simone en témoignent. AE

Shalom de Safed (1887 – 1980)

En octobre 1962, la galerie Furstenberg inaugure, sous la présidence d’honneur d’Edmond de Rothschild, la première exposition à Paris du peintre israélien Sholem Moscovitz, plus connu sous le nom de Shalom de Safed. Hassidique, il est marqué par la tradition mystique de la kabbale, profondément enracinée dans sa ville natale. Moscovitz exerce la profession d’horloger pendant la plus grande partie de sa vie avant de commencer à peindre à l’âge de 55 ans. Son œuvre se consacre principalement à des thèmes bibliques et intègre souvent des proverbes ou des versets de l’Écriture. Ses peintures naïves et ses vitraux constituent une contribution majeure à l’histoire de l’art israélien, ce qui explique sans doute la présence de l’ambassadeur d’Israël en France lors du vernissage. JD