1957

daniel harris / zev

Nancy le bosquet

guy laine

Marianne Tischler, dite Manina (Vienne, 1918 – Venise, 2010)

Marianne Tischler, connue sous le pseudonyme de Manina, qu’elle adopte dès son enfance, est une artiste d’origine autrichienne. Elle commence à côtoyer le milieu surréaliste pendant la Seconde Guerre mondiale, quand elle s’exile aux États-Unis avec son premier mari, Robert Thoeren. En 1940 elle fait la connaissance de Max Ernst et elle se fait photographier par Man Ray. Mais c’est certainement après son retour en Europe et son installation à Venise en 1954 qu’elle rentre en contact avec Simone Collinet. À Venise Manina rencontre en effet Alain Jouffroy, qui deviendra son deuxième mari et qui fut un critique proche du surréalisme d’après-guerre et de la Galerie Furstenberg.

Simone Kahn consacre à Manina au moins deux expositions, une en juin/juillet 1957 et la deuxième en mai-juin 1959. Sylvie Sator, la fille de Simone Kahn, rappelle avec émotion les voyages à Venise pendant lesquels ses parents rendaient visite à l’artiste et à son mari.

L’œuvre de Manina, qui débute comme sculptrice, qui passe ensuite à la peinture, et qui se consacre presque exclusivement au dessin dès 1948, sera officiellement associée au mouvement surréaliste vers la fin des années quatre-vingt, quand Arturo Schwarz inclura son travail dans l’exposition I Surrealisti qu’il organise à Palazzo Reale de Milan en 1989. AE

Raymond Georgein

violette granges

Maurice Baskine (Kharkov, 1901 – Paris, 1968)

« Tous les occultistes devraient avoir vu l’exposition que Maurice Baskine a organisée à la Galerie Furstenberg », écrivait Maurice Calais en février 1958 dans Astral, mensuel d’astrologie et de sciences occultes. Cette manifestation constitue la troisième exposition que Simone Collinet consacre à cet artiste singulier, qui y présente son œuvre majeure : un triptyque monumental intitulé Fantasophe-Roc ou l’édification de la pierre de Fantasophopolis.

Comme le souligne Patrick Waldberg, « avec Maurice Baskine, c’est la magie et l’alchimie qui font irruption dans la peinture et la sculpture. Les œuvres de Baskine se déchiffrent ou se lisent autant qu’elles se regardent ou se voient ». De son « sac à malices » s’échappent des énigmes codées, dont les solutions s’inscrivent en rébus. Toutes les matières utilisées, qu’elles soient humbles ou précieuses, mais investies de « mana», participent à l’élaboration de ces objets mystérieux : pierre philosophale, cire, terre, sable d’or, couleurs sacrées, soufre, kabbale, balais de crin…

Maurice Baskine participe en 1947 à l’Exposition internationale du surréalisme organisée à la galerie Maeght. Après sa rupture avec le mouvement surréaliste, il rejoint en 1948 la galerie Artiste et Artisan. En 1954, il présente à la galerie Furstenberg le retable La Mère folle, aujourd’hui conservée dans les collections du Musée national d’art moderne à Paris. JD