Helba Huara (Cuzco, 1900 – Paris, 1986)
Helba Huara est née au Pérou et commence à danser dès son enfance. Sa carrière la mène à travers l’Amérique du Sud jusqu’à Broadway, puis à Paris à partir de 1931. Elle y crée ses propres costumes, conçoit des décors de théâtre et commence également à peindre. Simone Kahn expose pour la première fois ses peintures à la galerie Furstenberg en 1963. Dans ses tableaux, qui représentent des danseuses et des portraits de femmes, souvent des autoportraits, les mouvements expressifs de la scène se transforment en compositions contemplatives. JM




Rina Rosselli (Coni, 1903 – ?, 1998)
Née en Italie en 1903, l’artiste Rina Rosselli se consacre d’abord à des univers picturaux oniriques et fantastiques, peuplés de créatures fabuleuses et de personnages dénudés dans d’énigmatiques décors. Elle travaille également comme peintre, scénographe et costumière pour le ballet. Après diverses expositions internationales dans des galeries à Paris, Milan et New York, ainsi qu’à la Biennale de Venise, à partir des années 1950, son œuvre se transforme. Rina Rosselli s’éloigne du langage symbolique des années précédentes et se concentre désormais sur des objets plus quotidiens tels que des œufs, des cerises ou des fleurs, développant une peinture qui semble apaisée. Simone Kahn expose une sélection de ses œuvres à la galerie Furstenberg en 1963. JM




Lucien Billy (1898 – 1980)
L’exposition individuelle organisée en 1963 à la galerie Furstenberg constitue pour Lucien Billy une première étape majeure dans la présentation publique de son travail. Le catalogue est enrichi par un texte rédigé par Gabrielle Buffet-Picabia, elle-même figure importante du milieu artistique et amie proche de l’artiste. Né en 1899 et décédé en 1981, Billy fut un ami de Hans Arp avec lequel il partagea la volonté de dépasser les frontières traditionnelles entre figuration et abstraction, explorant dans son œuvre une tension subtile entre ces deux registres. Par ailleurs, son travail se distingue par un intérêt marqué pour le mysticisme et l’ésotérisme, thèmes qui imprègnent profondément sa démarche artistique.
Cette exposition témoigne ainsi de la singularité de Billy au sein des cercles artistiques de son temps, offrant une vision originale où spiritualité et formes plastiques dialoguent. JD


















maillant


Helen Lempriere

Surréalisme – art fantastique
Texte

Endre Rozsda (Mohács, 1913 – Paris, 1999)
Le dessinateur et photographe franco-hongrois Endre Rozsda rejoint les artistes de la galerie Furstenberg quelques mois seulement après son installation à Paris. Il s’exile en France à la suite de la répression sanglante du soulèvement hongrois par les troupes soviétiques en 1956. À Budapest, Rozsda était déjà une figure majeure de l’École européenne, groupe fondé en 1945 et dissous peu après en raison du climat politique. C’est par l’intermédiaire de Raymond Queneau et d’André Breton qu’il intègre la galerie de Simone Collinet. Dans la préface du catalogue de l’exposition d’Endre Rozsda, André Breton met en lumière une dynamique essentielle qui traverse l’ensemble de l’œuvre de l’artiste : la tension entre Eros et Thanatos. Ces deux figures symboliques, empruntées à la psychanalyse freudienne, incarnent respectivement les forces de vie, d’amour et de création, et celles de mort, de destruction et de pulsion de fin. Chez Rozsda, cette dualité ne se présente pas simplement comme une opposition, mais comme un combat fertile, un équilibre instable où s’entrelacent le désir vital et l’ombre de la finitude. Par la suite, une de ses œuvres est sélectionnée pour l’Exposition internationale du surréalisme organisée par Breton en 1961 à la Galleria Schwarz de Milan. En 1964, Rozsda reçoit le prestigieux prix Copley, décerné par un jury composé de figures surréalistes emblématiques, telles que Hans Arp, Roberto Matta, Max Ernst, Man Ray, Roland Penrose, Herbert Read et Marcel Duchamp. Pour marquer cet honneur, Simone Collinet fait circuler un carton de félicitations. L’année précédente, en 1963, elle lui avait déjà consacré une nouvelle exposition à la galerie. JD



















PHOTO VERNISSAGE EXPOSITION PEVERELLI
Simone Kahn au vernissage de l’exposition Peverelli à la galerie du Point Cardinal en 1963.
