



C’est surtout en faveur de l’Espagne que Simone Kahn s’engage dans les années 1930. En 1936, elle publie dans Le Drapeau rouge un article « Attila était une colombe ». Elle est vraisemblablement en juillet 1936 à Barcelone avec Michel Collinet en soutien au POUM. Elle est aussi une des animatrices du Comité d’action socialiste pour la levée de l’embargo en Espagne, en tant que secrétaire administrative plus précisément, et organise plusieurs campagnes de levées de fonds en soutien au Pays basque au sein de la SFIO. Elle est, à partir de 1937, l’une des figures centrales de la revue L’Espagne socialiste. Enfin, elle est l’une des membres importants du Groupe des femmes socialistes, et prend part activement à tout le mouvement d’engagement des femmes socialistes en soutien à l’Espagne, ainsi que de la Commission internationale pour l’aide aux réfugiés espagnols (CIPARE). JC et KS



L’Espagne socialiste
Simone Kahn occupe un rôle central dans la revue L’Espagne socialiste (9 numéros, 1937-1938), issue de la frange pivertiste de la Gauche révolutionnaire, au point d’en être la raison sociale, la secrétaire et la personne en charge de la rédaction et de l’administration. De surcroît, elle publie dans les trois premiers numéros « Madrid, cœur de l’Espagne », un reportage qui relate le siège de Madrid par les forces franquistes à partir de la fin de l’année 1936. Transportée là comme « sur une planète de chauve-souris ou de hiboux », elle va des caves, où elle croise notamment Ernest Hemingway apportant « une énorme corbeille de fraises des bois », à la Cité universitaire désormais en ruines. Elle relate, en des termes et des formules évocatrices de l’imaginaire de la nuit urbaine chère aux surréalistes, les scènes d’horreur et d’espoir qui agitent Madrid assiégé, « refuge de la grandeur européenne ». JC


